Monter dans le train de Ruby et Rails

13 novembre 2009

Lorsque j’ai plongé dans la communauté Rails il y a 3 ans, elle n’était pas aussi riche qu’aujourd’hui : moins de monde, de livres, de blogs, de documentation, … Ça rendait les choses plus faciles car on trouvait assez rapidement les sources valables, mais en même temps il y avait beaucoup moins d’information disponible qu’aujourd’hui.

Je me suis dit que rassembler un peu mes sources et donner quelques conseils pouvait probablement aider des nouveaux venus.

Alors par où commencer ?

Contrairement à ce que j’ai fait, je pense qu’il faut commencer par aborder Ruby, en tant que langage.
Dans mon précédent article sur la comparaison de PHP/Symfony et Ruby/Rails, je disais qu’à mon avis, la principale force de Rails, c’est Ruby.

Ruby est un langage qui emprunte des concepts et tout un tas de mécanismes à d’autres langages, mais c’est aussi un langage qui étonne et surprend au début, par sa syntaxe et ses idiomes particuliers.
Pour éviter d’écrire du PHP ou du Java en Ruby, il est important de bien comprendre et intégrer le style Ruby ; la manière d’itérer dans un tableau, l’enchaînement des appels de méthodes, les blocks, l’absence de primitives, l’arborescence des types d’objets, …

Mise à jour : En tout premier lieu, jetez vous sur l’excellent Try Ruby! (in your browser) qui vous permettra en une quinzaine de minutes de voir différents aspects du langage. Merci à NiKo qui m’a rappelé cet oubli impardonnable, ou plutôt cette disparition entre mon brouillon et la version finale de l’article.

Pour cela, je conseille de parcourir la documentation de Ruby. N’ayez pas peur, c’est beaucoup plus concis que celle de PHP ou Java.
Ruby est composé d’une partie “Core” et d’un ensemble de “Standard Libraries”.
Chaque type d’objet dispose de méthodes, documentées de manière très lisible, avec des exemples d’utilisation.
On peut donc “lire” ces fichiers de doc et comprendre par exemple tout ce dont est capable la classe Array, le fait qu’elle partage des comportements avec Hash, via le module Enumerable, …
Les notions de manipulation/création d’objets personnalisés et d’instance de ces objets, l’héritage et la modularisation, la méta-programmation, l’introspection, … sont des concepts majeurs, qui seront mieux expliqués dans des livres et/ou articles de blog.

Le livre The Well-Grounded Rubyist (par David A. Black aux éditions Manning) est probablement le meilleur pour accompagner le novice en Ruby, y compris sur les terres de Ruby 1.9

Être capable d’écrire des bouts de programmes ou algorithmes simples, du genre de ceux qu’on apprend en cours à la fac est l’histoire de quelques jours où ont doit s’efforcer de rester un peu à l’écart de Rails.
Un bon petit exercice peut être de prendre un script shell et de le re-coder en Ruby, comme par exemple lister des fichiers dans des répertoires, renommer/déplacer certains qui seraient passés dans des filtres, …

Au mieux on aura assimilé Ruby, le plus vite on comprendra Rails.

Aborder Ruby on Rails, le framework de développement web

Pour commencer, je conseille la lecture de quelques articles :

En parallèle, plonger dans 1 ou 2 livres est une très bonne chose car on y est accompagné par des experts particulièrement pédagogues :

  • The Rails Way par Obie Fernandez, aux éditions Addison-Wesley, disponible en anglais seulement
  • et aussi le très officiel Agile Web Development with Rails (3ème édition) par Sam Ruby, Dave Thomas et David Heinemeier Hansson, aux éditions The Pragmatic Bookshelf. Il est disponible en français et en anglais

On ne peut pas passer à côté des screencasts de Ryan Bates (Railscasts.com) et ceux de Geoffrey Grosenbach / Topfunky (Peepcode.com).

  • les Railscasts sont gratuits. Un nouveau sort quasiment chaque semaine , il y a déjà plus de 180 épisodes, entre 5 et 20 minutes environ.
  • les Peepcode sont payants et plus rares, mais la qualité du fond et de la forme en fond une ressource fondamentale. Je conseille l’abonnement illimité pendant 1 an, ça vaut vraiment le coup.

L’idéal est probablement de les regarder en diagonale une 1ère fois, en partant des plus anciens, sans trop s’attarder sur les détails car Rails évolue très vite et certains épisodes sont totalement obsolètes au niveau de l’implémentation. Par contre les passer en revue permet de se rendre compte des tendances et des techniques clés. Personnellement, je les ai tous en permanence sur mon disque dur et j’y reviens souvent.

Pour suivre les publications de tous les producteurs de screencasts, il y a Learnivore (par Thibaut Barrère – @tbarrere) qui les recense tous.

Le bon dosage théorie/pratique

Le risque à partir bille en tête dans un projet concret après avoir lu quelques articles et synthèses de livres, c’est qu’on va se limiter à la surface des choses, on va mal utiliser les outils à disposition ou utiliser le mauvais outil pour le boulot.

Je ne préconise pas non plus de passer 6 mois à lire tous les livres, sans toucher au clavier, car on apprend énormément en faisant soi-même, en confrontant ses idées à la réalité des fonctionnalités qu’on veut mettre en œuvre.

C’est pourquoi je pense qu’il faut conserver une bonne part de son temps à l’apprentissage pur. Revenir à la doc du langage et tester des méthodes qu’on connaît mal ou dont on avait oublié l’existence, lire et essayer de mettre en œuvre les bonnes pratiques décortiquées par les experts, …

Personnellement, je passe beaucoup de temps personnel à mon métier, mais c’est rare que je continue à la maison mon boulot de la journée. Je préfère utiliser ce temps pour mes lectures, mes recherches et tests, … Ça me permet de prendre du recul et avoir une perspective plus large. Au final, c’est ma compétence et ma productivité qui croissent, même si je ne passe pas plus de temps à pisser des lignes de code.

Sur ces points, je conseille vivement la lecture de la série d’article de Jamis Buck intitulée There is no magic, there is only awesome où il livre ses clés de la compétence : connaître ses outils, son langage, ses librairies et sa communauté. (NB : le début de la 1ère partie est assez particulière, ne bloquez pas dessus, le reste est passionant).

Intégrer les tests dans son apprentissage

Je ne vais pas faire l’article du Test-Driven Development (ni du Behavior Driven Development), mais j’insiste énormément sur le fait qu’il ne faut absolument pas négliger cet aspect là. Il ne faut surtout pas sauter les chapitres où les auteur parlent des tests, en se disant qu’on y reviendra plus tard, quand on on maîtrisera mieux le langage et le framework, et ce pour 3 raisons.

  1. c’est très dur de revenir là dessus plus tard. On est vite pris dans la “production” et on a l’impression que c’est du temps perdu, ce qui est archi-indéniablement-faux.
  2. ça aide énormément pour apprendre car on est en permanence à décrire ce dont on a besoin et implémenter ce qui satisfait ces besoins. On décortique systématiquement ce qu’on écrit lors des phases de refactorisation, …
  3. c’est un pan entier de la culture Ruby et des avantages qui sont à porté de main. Le négliger serait comme ne jamais utiliser les tableaux ; on peut s’en sortir sans, mais quelle difficulté et quel dommage.

Sur la question des tests, je conseille le superbe livre The RSpec Book” (toujours en version bêta, en cours d’écriture), par un collectif d’auteurs (dont David Chemlinski) aux éditions The Pragmatic Bookshelf.

Lire du code, encore et encore

Une fois qu’on a compris le langage qu’on va manipuler, il n’y a rien de mieux que de lire du code
NB : regardez la vidéo de la conférence de JEG2 sur ce sujet

On préfèrera lire du code brillant, mais il faut aussi lire du code commun, voir sale, ça permet de mettre en perspective ce qu’est un code beau, efficace, lisible. Et d’ailleurs, plus on en lit, plus on sait faire soi-même la différence. Ruby encourage tellement l’écriture de code lisible et concis que lorsque ça ne l’est pas, c’est mauvais signe.

Les librairies standard sont un bon point de départ. Le code est principalement de très bonne qualité (à quelques exceptions près) mais n’est pas non plus sur-compressé et sur-intelligent (ça n’est pas son but).
Le code interne de Rails (ou plutôt ses librairies principales, comme ActiveRecord, ActiveSupport, …) est également une très bonne matière, mais comme tout bon framework, son code doit être le plus optimisé possible, le plus malléable et générique possible, au détriment de la clarté et de la transparence. On aura donc des fois du mal à démêler le fonctionnement de portion de code ou la méta-programmation et l’abstraction sont utilisés à plein régime.
Enfin, les librairies tierces les plus connues et utilisées sont de bonnes choses à lire. Leur succès au sein de la communauté est souvent signe de qualité du code.

Jamis Buck conseille de toujours lire le code d’une gem ou d’un plugin avant de l’installer et l’utiliser. Au mieux on aura parfaitement compris ce qu’il fait et comment l’utiliser à fond. Au pire on sera dégoûté de son fonctionnement et on le jettera aussitôt. Et souvent on se dira que ça vaut pas le coup de l’installer car on n’a besoin que de 10% de son code et qu’on ferai mieux de le recoder soi-même de manière plus adaptée à ses besoins.

Se tenir au courant de la vie de l’écosystème

Une fois qu’on a mise les pieds dedans et qu’on se dit qu’on n’a pas envie d’en sortir en courant, il faut bien se tenir à jour et continuer d’apprendre.

Pour ça je n’ai rien trouvé de mieux que de m’abonner à tout un tas de blogs et suivre pas mal de gens sur Twitter.

Avec un peu d’habitude on sait rapidement faire le tri entre ceux sur qui il faut se jeter sans attendre à chaque post et ceux qu’il faut garder dans un coin du radar car ils sortent de temps en temps un truc fort valable.

Je vous glisse ma liste de recommandations, à toutes fins utiles.

Les podcasts Rails Envy et Ruby5 permettent de suivre l’activité de la communauté Rails depuis de nombreux mois. À chaque épisode il y a les “show notes” pour retrouver ce qui a été évoqué.

Avec l’arrivée des listes sur Twitter, le mieux est de farfouiller dans les listes suivantes (dont la mienne).
En faisant des recoupements entre les personnes suivies, on se retrouve rapidement avec la crème de la communauté.

Voici ma liste de blogs et sites suivis via RSS. Ils ne sont pas tous très actifs (heureusement) mais contiennent tous des articles très intéressants.

Quelques mentions particulières :

  • Ryan’s Scraps ; Il décortique à l’avance les nouvelles fonctionnalités
  • A Fresh Cup ; Les trouvailles quotidiennes d’un développeur Ruby/Rails fameux
  • Giant Robots ; De très bons conseils et tutoriaux de la part d’une team qui produit beaucoup de très bons plugins/gems. Ils sont l’éditeur de Hoptoad (notifications d’exceptions)
  • Ruby Best Practices ; Les meilleurs pratiques en Ruby, très avancé.
  • Le blog de James Edward Gray 2nd ; Un développeur de très haut niveau qui poste des article très poussés sur les meilleures pratiques et des analyses de “produits”
  • The Rails Way ; Les bonnes pratiques Ruby et Rails par KOZ (Mickael Koziarski)
  • the { buckblogs :here} ; Le blog de développeur de Jamis Buck (état d’esprit, bonnes pratiques, analyses, …)
  • The Journeyman Software Craftsman ; Le blog de Corey Haines sur son expérience de développeur itinérant. Beaucoup de réflexions et analyses sur l’attitude du développeur et les bonnes pratiques

Autres blogs et sites :

J’espère vraiment que cet article sera utile. Il ne reflète que mon avis et mon expérience.

Si vous avez des avis et des suggestions, n’hésitez pas à utiliser les commentaires pour ça.


RSpec : let() it be

5 novembre 2009

What I’ve found

A few minutes ago, I was watching a great screencast of Corey Haines doing a kata.
I stopped when he was refactoring a few similar assigments. There was something I’ve never seen elsewhere, particularly in the also great RSpec book ; he used the let() method.

Going back and forth a few times, I understood the the method was assigning the result of the given block to an object named after the argument of let().

I googled to see if there was an explanation ; is it a custom helper he wrote, is it built-in RSpec, … ? but “RSpec let()” is returning a lot of results, and none was close to the answer I was looking for.

I then looked at the Rdoc for the RSpec gem ; no luck either.

Finally, I open the whole gem in Textmate and looked for “let” as a word.

I’ve found a use of the method in a spec (RSpec is speced with itself, how great is it?) with a similar scenario. I’ve also found the method declaration, and I have to say that it’s pretty self-explanatory :

  def let(name, &block)
    define_method name do
      @assignments ||= {}
      @assignments[name] ||= instance_eval(&block)
    end
  end

You have to pass a name and a block. It defines a new method (named after what’s in ‘name’). This new method returns the result of the block (whatever it returns) but is memoizes it in a global hash.

You can use the let() method in a describe block, if you want to create a method that is always returning the same value, determined by the result of the passed block. It is something you can do with a traditional before block with a simple variable assignment, but it’d be evaluated each time, though it’s not necessary. A simple variable is also subject to change if it’s not frozen or a constant.
Here, it’s just what it is and only what it needs to be.

What I like

First, I like that some very simple but usefull tools are available. I really sounds like something build after hundreds of times of repeating the same calls, … It’s very concise and DRY.

But I also like very much the way the hash is created if it doesn’t already exist, and the value is set only once,even on subsequent calls of the new method.

The dynamically created method could have been defined this way :

  define_method name do
    @assignments = {} if @assignments.nil?
    if @assignments[name].nil?
      @assignments[name] = instance_eval(&block)
    else
      @assignments[name]
    end
  end

but it’s boringly verbose and repetitive. The first way is way more readable and elegant.

If I have remember just a thing from Corey’s screencast, it’s the existence and the use of this beautiful let() method and how well it is written.

About Corey Haines

Corey is a great guy, one of the few that I really admire.

Amongst the thing that I like about him, he’s doing something that I’d really like to do : he’s traveling all over the USA and is offering to share some working (and fun) times for hospitality and friendship.

You can find about what he does on his profile page.

Thanks Corey !


Update 1 : The entire Kata is available on GitHub. There are 3 branches : the first is the start of the kata, with only the setup and the cucumber expectations. The second and third are implementations.

It’s very useful to read the initial state of the Kata and see where it ends, with all the tests and the implementation code.


Ruby et Rails ou bien PHP et Symfony ?

3 novembre 2009

Dans le cadre de mon travail chez Autrement, je bosse principalement sur du développement web en Ruby, avec l’aide du framework Ruby on Rails.

Je suis focalisé sur le développement d’une appli web (encore un eu secrète pour le moment), mais là, Autrement édite par ailleurs le site web chambresapart.fr
Le développement de ce site a commencé bien avant que je rejoigne l’équipe et il s’appuie sur le framework Symfony, basé sur PHP.

Actuellement l’équipe Chambres à Part se compose de 2,5 personnes qui sont toutes les 3 des développeurs confirmés, spécialisés sur PHP / Symfony.

Avant le lancement de la “version 1″ de Chambres à Part, j’ai participé au développement de certaines fonctionnalités, mais principalement sur des aspects HTML, CSS, Javascript, cartographie Google + Maptimize, …
La dernière semaine a été uniquement consacrée à du debuggage et pour ça j’ai mis un peu plus mon nez dans le code source du site et donc dans la partie “vue” (le V de MVC).

Je ne peux surtout pas prétendre connaître Symfony dans ce qu’il a de particulier par rapport à d’autres framework web (et MVC en particulier), mais je peux comparer ce que j’ai vu et ce que l’équipe raconte au quotidien avec ce que je connais et vis au quotidien depuis 3 ans avec Ruby et Rails.

De plus, j’ai développé quasi-exclusivement en PHP depuis les premiers temps du PHP3 jusqu’à PHP5, donc même si j’ai passablement oublié certains réflexes de manipulation du langage et la plupart de noms de méthodes, je pense avoir un avis assez circonstancié sur PHP.

La question

Pour le développement de la partie visible du projet sur lequel je suis mobilisé, d’autres personnes de l’équipe vont participer activement et durablement. Une question se pose donc inévitablement : Ruby on Rails ou bien Symfony ?

Notre boss comprend bien quand on lui parle de technique, avec des arguments clairs, mais il ne se sent pas (à raison) en mesure de décider lui-même d’un framework ou d’un langage plutôt qu’un autre. Il nous a donc demandé de préparer une discussion sur cette question, en apportant surtout des faits et des remarques objectives afin de tout mettre sur la table et tenter en équipe de prendre la bonne décision.

Je suis convaincu qu’il ne s’agit pas de valider ou invalider les choix des uns et des autres, mais plutôt de faire un état des lieux et s’orienter dans la meilleure décision.

Comme je suis quelqu’un de passionné, et qui ne se lance dans les choses qu’avec une forte conviction, j’ai quand même envie de convaincre que mon choix de quitter le développement en PHP pour le faire en Ruby n’est pas juste “mon choix” mais un choix lucide et cohérent.

Alors j’ai sorti un bout de papier et un crayon (ou plutôt un document “untitled.txt” et mon beau clavier) pour pondre une liste d’arguments.

Et puis je me suis dit que garder tout ça pour nous, en interne, était un peu égoïste. Pourquoi ne pas partager mes observations et mon analyse. Je ne pense pas que quiconque (au delà de notre équipe et mes copains geeks) s’intéresse à mon avis sur la question, mais un avis, ça peut donner des idées, participer à une réflexion, …

Présentation factuelle de Ruby et Rails

Ici je ne présente que des points clés, du moins ceux auxquels j’ai pensé.
Je ne détaillerai pas ces points, d’autres l’ont fait bien mieux que moi.

Ruby

  • 100% objet, pas de primitives
  • langage concis et lisible : moins de code, moins de bugs
  • langage dynamique, fortement typé
  • imprégné des méthodes de tests TDD et BDD (nombreux frameworks disponibles)
  • synergie avec les méthodes agiles
  • Ruby en ligne de commande (IRB), pratique pour des essais, …
  • Rubygems : gestionnaire de paquets additionnels
  • vitesse d’apprentissage
  • syntaxe et idiomes riches et avancés
  • meta-programmation
  • inspiré des meilleurs langages reconnus : Smalltalk, Lisp, Python, Perl, …
  • forte implication et marques de confiance des ténors : IBM, Sun, Apple, Microsoft, SAP, …
  • de nombreux frameworks de premier plan : Rails, Sinatra, …

J’invite à la lecture de la page de Ruby sur Wikipedia, que je trouve assez complète et claire.

Rails

  • dédié au développement d’appli web
  • architecture MVC
  • naturellement REST
  • forte incitation à DRY
  • convention plutôt que configuration
  • grand variété de helpers
  • des outils annexes très utiles : débuggage, déploiement, monitoring, …
  • des environnements d’exécution bien définis et cloisonnés
  • WebServices-friendly
  • système strict de migration des bases de données
  • framework complet accessible en ligne de commande
  • variété de backend pour le cache et les sessions : mémoire, fichiers, BDD, memcached, …
  • I18n
  • communauté très active
  • documentation riche (en ligne, livres, …)
  • Rack middlewares => empilement de briques fonctionnelles dédiées et modulaires : cache, debug, auth, …
  • logging avancé et personnalisable
  • fortes opinions, mais autres choix possibles : ORM, templates, framework JS, …

Pour une introduction à Rails, je vous renvoie vers le le guide de démarrage pour Rails ou Rails in a Nutshell (qui est encore en beta).

Analyse subjective (mais convaincue) de Ruby & Rails vs. PHP & Symfony

Là, je sors un peu des faits indéniables pour m’aventurer dans ma propre analyse des différences entre ces 2 frameworks (et leur langage sous-jacent respectif). Cette analyse est forcément subjective et je serai ravi d’entendre des avis contraires ou complémentaires.

PHP vs. Ruby

Prenons la métaphore de la caisse à outils.

PHP est une énorme caisse, dans laquelle il y a des outils pour presque tout, tellement que ça devient difficile de tout connaître. Il n’y a qu’à voir le site de la documentation officielle où le nombre de méthodes est impressionnant, sans parler de celles des librairies standards.

Il y a souvent plusieurs outils ou variantes pour faire presque la même chose. C’est pas forcément facile de savoir lequel choisir.

Cette boîte grandi très vite, il y a régulièrement de nouveaux outils, d’autres évoluent et certains disparaissent.

Ruby est une caisse beaucoup plus modeste, qui permet de faire tout autant de chose, mais il y a très peu de doublons ou recoupements.

Les outils sont robustes, stables et surtout cohérents entre eux. Le contenu de la boîte évolue peu, rarement et uniquement en cas de forte nécessité. Même entre les versions majeures (1.8 et 1.9) il y a très forte compatibilité. Au sein de la branche 1.8 il n’y a eu presqu’aucune perte de compatibilité importante depuis plus de 3 ans (sortie de la 1.8.5 en août 2006).

Les mises à jour de Ruby, en tant que langage, sont rares (12 à 18 mois entre chaque version stable) car il n’y a pas ou extrêmement peu de bugs, elles ne concernent que des nouveautés ou améliorations de fond. La raison de ce très faible nombre de bugs et failles de sécurité sont simples : le code est soumis à des tests systématiques et poussés (c’est dans la culture de la communauté Ruby) et le code étant simple lisible et clair, il est facile de l’auditer et le comprendre et donc d’en débusquer les failles.

À l’inverse, PHP est mis à jour beaucoup plus souvent (plusieurs fois par an) et contient de nombreux correctifs de bugs en plus de nouvelles fonctionnalités. Il est reconnu que les failles de sécurité importantes ou critiques sont relativement fréquentes.

La raison d’être de PHP n’était pas d’apporter une approche nouvelle du développement mais de répondre à un besoin simple et bien identifié : traiter les données issues d’un formulaire web. La simplicité et les fonctionnalités de ce nouveau langage l’ont rendu rapidement populaire chez les développeurs web car il n’y avait plus besoin de faire des CGI en Perl pour rendre des sites dynamiques.

Face à ce gain de popularité, le langage a grandi et permis de faire de plus en plus de choses assez facilement, mais rapidement on a constaté le manque de fondations solides, en particulier sur l’aspect Objet.

PHP rivalise alors, en terme de popularité et d’audience, avec Perl, Java, … et cherche alors à combler les manques et répondre aux critiques. Le résultat est plutôt efficace, mais les outils du début restent là et les mauvaises pratiques qui vont avec aussi.

Au final on a un langage riche, mais brouillon, fourre-tout, qui évolue par stratification et pas par transformation. Les fondations manquent de rigueur et de profondeur.

Ruby est un langage qui a été conçu avec une approche plus scientifique et globale. Son créateur voulait un langage moderne, plus proche des attentes de l’humain que de celles de la machine, mais qui reconnaisse et embrasse l’état de l’art, ce qui s’est fait de mieux. Il s’est donc contenté (si on peut dire) d’appliquer la parole des vieux sages dans un contexte moderne.

Ruby adopte le principe de la moindre surprise (au sens de la cohérence maximale) selon lequel le langage doit se comporter de manière à minimiser la confusion. Lorsqu’on découvre Ruby, qu’on vienne de Java, PHP ou Python, on est forcément surpris par la syntaxe, les idiomes, … mais avec le temps on adopte la “manière Ruby” et plus rien n’étonne. Dans d’autres langages, même après plusieurs années d’utilisation, on est parfois étonné ou dérouté par certains fonctionnements.

La syntaxe du langage est au service de son utilisateur, en favorisant la lisibilité et la concision. La simplicité des outils de base permet d’apprendre vite et de savoir rapidement lequel utiliser.

Ruby est bâti sur des fondations robustes et très strictes ; celles du tout Objet (il n’y a pas de primitives), de la meta-programmation, du typage dynamique mais fort, …

Symfony vs. Rails

Ruby on Rails est issu du développement d’une application web (Basecamp). Son créateur voulait se lancer dans le développement web et a cherché le langage avec lequel il se sentait le plus à l’aise et il s’est arrêté sur Ruby. Il a ensuite échafaudé un framework dédié au web en tirant réellement parti de ce que permet Ruby.

La démarche partait d’un objectif/besoin connu, il fallait trouver l’outil adapté pour l’atteindre.

Rails ne serait pas ce qu’il est sans Ruby. On ne peut pas recréer Rails sur un autre langage sans faire des tours de passe-passe et en perdre l’essence.

Symfony est issu du manque de bon framework web en PHP. Son créateur a voulu reprendre les bonnes idées d’autres frameworks (surtout Rails) sur d’autres langages pour les adapter sur PHP.

La démarche semble différente et partir d’un langage connu sur lequel construire en s’inspirant de références.

Pour ce que j’ai pu en voir et pour que Symfony ait le succès qu’il a, son développeur principal et la communauté qu’il a agrégée ont forcément accompli quelque chose de remarquable.

Pour autant, j’ai le sentiment que le plus grand handicap de Symfony, c’est PHP.

Conclusion

Au final, on sent que j’ai les idées bien arrêtées. J’espère ne pas avoir faire preuve de mauvaise foi ni avoir dit trop de bêtises.

Il m’arrive de dire que telle techno ou tel produit sont nuls. Mais pour le cas de PHP (et donc de Symfony), je ne dis pas que c’est nul et bon aux orties, au contraire.

Je dois certainement mon parcours de développeur web à PHP et à ce que j’ai pu faire avec. J’ai juste l’intime conviction d’avoir trouvé une évolution, une suite, qui me permet d’aller plus vite, plus loin, avec plus de plaisir/passion.

C’est un peu comme de passer de CVS ou Subversion à Git ou Mercurial. Vu de loin c’est la même chose, mais de près, ce sont 2 générations d’outils sui marquent un véritable progrès.

 


 

Mise à jour 1 : Au terme d’une longue réunion d’équipe, nous avons choisi une approche à 2 têtes. Le premier projet (Chambres à Part) reste évidemment développé avec Symfony (donc en PHP) mais le second sera entièrement développé avec Ruby on Rails.

Évidemment, je pense que c’est le bon choix. Pour moi, c’est surtout le bon choix technologique, pour toutes les raisons que j’ai déjà développées plus haut.

Du point de vue de la stratégie d’entreprise, je trouve que la prise de risque est modérée et ça va nous mettre dans une situation de réelle fusion et enrichissement des compétences.

Pendant les prochains mois, ceux parmi nous qui “viennent de Symfony” vont devoir apprendre de nouvelles choses en mettant à profit leurs années d’expérience en développement et particulièrement avec un framework MVC, … Le challenge sera de tirer le plus profit de cette expérience proche tout en “embrassant” les particularités de Ruby et de Rails.

Quelque part, ça va me mettre en situation de formateur, ce qui est très excitant mais aussi une responsabilité forte. Mais comme je suis absolument passionné par ce que je fais et connais, je vais me régaler dans cette partie de mon boulot.

Par ailleurs, cette juxtaposition d’outils va me permettre de voir plus en détail l’univers de Symfony et les évolutions de PHP (depuis que je l’ai laissé de côté). Même si je ne vois pas mon avenir de ce côté là, ça me forcera à être un peu moins monocorde.

Enfin bon, je suis bien content que la balance ait penché, non pas de mon côté (ça serait une marque d’égo) mais du côté que j’ai choisi.

Mise à jour 2 : Vous trouverez sur le site de Ruby une courte liste des similitudes et différences à quoi s’attendre en passant de PHP à Ruby.


Soirée PLUG le 5 juin ‘09

24 mai 2009

Comme tous les mois depuis bien longtemps, le PLUG organise sa soirée mensuelle.

Ouverte à tous les fans de technologie, informatique, logiciels libres, … c’est la bonne occasion pour discuter de ses passions, rencontrer du monde, discuter de sujets connus ou pas et dans un endroit particulièrement sympa et confortable (La Bo[a]te).

Au programme de juin :

  • quelques sujets courts et libres inspirés de l’actualité et/ou de découvertes (l’improvisation est encouragée)
  • introduction pour la série sur le “Contrôle de version” ; c’est quoi ? pour quoi faire ? …

Et comme à chaque fois :

  • convivialité
  • apéro, pizza, …
  • rencontres, découvertes, …

Tous les détails sont dispo sur le site du PLUG : http://plugfr.org/


Migration vers Passenger

28 janvier 2009

Je viens de terminer et (assez longuement) raconter la migration que j’ai effectuée au boulot.

J’ai transformé le fonctionnement de plusieurs sites web à base de Nginx/Mongrel/Rails et Nginx/PHP-FCGI en Apache/Passenger et Apache/mod_php.

Tout est là :
- préambule
- Ruby Entreprise Edition
- VirtualHosts
- épilogue

Je me suis régalé à faire ça tranquillement, mais avec tout de même une bonne pression, car c’est sur un serveur de prod et c’était une première dans le genre pour moi.


Réunion du PLUG le 6 février

21 janvier 2009

Un petit post rapide pour signaler que le PLUG, tel un vieux garçon, tient à ses habitudes.

La prochaine réunion aura lieu à La Boate le 6 frévrier 2009 à partir de 19h.

Tous les détails sur le site du PLUG.


Soirée PLUG : Les services web et leur infrastructure d’hébergement

23 octobre 2008

J’annonce rarement les réunions du PLUG, ce qui est une honte vu mon role dans cette association, mais cette fois, ça vaut encore plus le coup que d’habitude.

Nous organisons une soirée spéciale sur le thème : les services web et leur infrastructure d’hébergement.

Le domaine est très vaste et relativement peu documenté vu la vitesse à laquelle les choses évoluent. L’idée est de réunir des gens qui souhaitent faire part de leur expérience et écouter celle des autres pour enrichir leur connaissance du sujet.

La soirée aura lieu en 2 temps, les vendredi 7 novembre et 5 décembre, à La Bo[a]te à Marseille.

Pour plus d’info, référez vous au site du PLUG et la page dédiée à l’annonce de cette soirée.

N’hésitez pas à m’écrire directement ou par les commentaire à ce post pour donner des idées, poser des questions sur la soirée, …


Montage NFS qui décroche sur Mac OS X

26 août 2008

Je viens de m’artracher les cheveux pendant 2 bonnes heures pour un problème tout con, qui vient de moi en plus, mais comme le ridicule ne tue pas, j’en fais profiter.

Je travaille sur un Mac OS X (10.5.4) avec TextMate et j’ai un point de montage NFS provenant d’un serveur sous Debian Etch.

Ce matin, alors que je testais un plugin pour TextMate qui l’empêche de faire la mise à jour (très lente car sur le réseau) des metadonnées de chaque fichier de mon projet, la sauvegarde du moindre fichier met plusieurs dizaines de secondes et le montage NFS fini par disparaître, puis réapparaître.

J’ai commencé par désinstaller ce plugin, l’incriminant immédiatement de toutes les fautes du monde. J’ai rebooté mon serveur ET mon client mais rien n’y faisais

L’exploration des logs me dit que lockd ne réponds pas.

J’ai fini par comprendre incidemment que c’est l’activation de mon firewall local (hier soir alors que j’étais fatigué) qui empêchait le dialogue de se faire correctement. Evidemment après l’avoir désactivé, plus de soucis.

Il me reste encore à trouver comment régler manuellement mon firewall pour autoriser le dialogue au niveau de NFS, mais ça sera pour plus tard.


Réunion du PLUG le 4 juillet

13 juin 2008

Contre toute attente, le PLUG tient sa réunion mensuelle le 4 juillet à partir de 19h à La Bo[a]te.

Vous êtes tous invités.


Astuce pour “ssh-copy-id” sur un port ssh différent

29 mai 2008

Bon, a priori vous connaissez la commande “ssh-copy-id” pour copier sa clé publique sur un serveur distant afin de s’identifier par clé et plus par mot de passe.

Le principe est d’avoir une paire de clés privée/publique, le plus souvent dans “~/.ssh/id_rsa(.pub)” et de la copier à l’intérieur du fichier “~/.ssh/authorized_keys” sur la machine distante.

$ ssh-copy-id -i ~/.ssh/id_rsa.pub user@host

Mais si la machine distante n’accepte pas les connexions sur le port 22 ou bien qu’il y a une redirection de ports sur le routeur, il faut lui indiquer ce port, par exemple :

$ ssh-copy-id -i ~/.ssh/id_rsa.pub -p 2222 user@host

Mais ça ne marche pas car ssh-copy-id ne comprend que 2 paramètres et si on met “-p 2222″ en second, ça n’est pas un motif de type “[user@]host”, et si on le met après, en troisième, il est ignoré.

Et bien il suffit d’entourer les infos de connexion ssh par des guillemets pour qu’ils soient vus comme un seul paramètre :

$ ssh-copy-id -i ~/.ssh/id_rsa.pub “-p 2222 user@host”